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Lama Guendune
Rinpoché
est un des derniers grands maîtres
de l'ancienne génération des lamas tibétains."
Qui était Guendune Rinpoché ?
Lama Guendune Rinpoché était le maître
de méditation et le directeur spirituel du
Grand Dhagpo. Il a passé plus de trente années de sa vie en retraite
solitaire au Tibet et en Inde.
Lama Guendune Rinpoché est un des derniers grands maîtres de l'ancienne génération des lamas tibétains. Tout ce qu'il a enseigné, il l'a réalisé durant de nombreuses retraites dans les grottes de l'Himalaya et en Inde. Il était la quintessence du yogi totalement réalisé et du moine parfaitement pur.
Recevoir des instructions d'un maître accompli tel que lui, c'est comme recevoir
un joyau très rare et d'une valeur inestimable. C'est pour que la transmission
de ces précieux enseignements ne se perde pas mais croisse et se répande, que
Dhagpo Kundreul Ling existe avec ses centres de retraite, son monastère et son
temple.
Le Gyalwa Karmapa, en l'envoyant en Europe pour guider tous ceux qui le
souhaitent sur le chemin de la découverte intérieure, a dit un jour : « En la
personne de Lama Guendune Rinpoché, je vous fais don d'un pur joyau ».
Voici des extraits d'un entretien de Lama Guendune Rinpoché, dans lequel il parle du Tibet où il a passé trente années de sa vie en retraite. Ensuite, il raconte sa fuite en Inde, ses rencontres avec le 16ème Gyalwa Karmapa et les tâches que celui-ci lui confia.
Les années de pratique
«J'avais 16 ans lorsque le 16ème Gyalwa Karmapa
se rendit à notre
monastère de Chokdra, dans le Kham, à l'est du Tibet. Il y demeura trois jours
et accomplit la cérémonie de la coiffe noire.
Après sa visite, je commençais une retraite de trois ans suivie d'un pèlerinage d'un an à travers le Tibet qui m'amena à Tsourpou (monastère du Gyalwa Karmapa au Tibet).
Là, je rencontrais à nouveau le Gyalwa Karmapa et pris part à une deuxième cérémonie de la coiffe noire.
Depuis le Tibet central, je revins chez moi, dans le Kham et passais sept ans supplémentaires en retraite solitaire. Puis le Gyalwa Karmapa se rendit à Nangchen. Une grande tente fut installée et beaucoup firent le voyage jusque là afin de le rencontrer. Toute notre communauté se trouvait représentée, sauf les cuisiniers. Deux de mes compagnons avaient voyagé avec moi et, après avoir vu le Gyalwa Karmapa, nous sommes allés méditer plusieurs années dans les montagnes, complètement seuls. Puis, étant partis pour le lieu de retraite d'Orgyen Rinpoché, nous y avons pratiqué six mois supplémentaires.
Notre pèlerinage suivant dura trois ans, et nous mena à travers tout le Tibet jusqu'au mont Kailash. Enfin, il nous sembla qu'il était temps de rentrer chez nous. Sur le chemin du retour, nous nous sommes à nouveau arrêtés à Tsourpou où on nous a dit que le Gyalwa Karmapa se préparait déjà à quitter le Tibet et qu'il demeurait alors à Palsang Nyongtri. Nous avons immédiatement essayé de l'y rejoindre, mais en route, les Chinois nous stoppèrent. Ayant rencontré des amis et des parents dans une ville appelée Nyé, nous avons pratiqué le rituel de Dordjé Droleu afin de surmonter les obstacles.
Finalement, nous avons appris que le Gyalwa Karmapa avait trouvé la sécurité dans l'exil. Nous nous sommes alors retirés dans une grotte, plus haut dans la montagne, dans une vallée appelée Lo, où Réchoungpa avait déjà pratiqué et médité. Pendant le rituel de tsok, nous avons décidé de fuir le Tibet, mais cela semblait presque impossible car les Chinois avaient déjà coupé toutes les voies d'évasion.
Ayant communiqué à des tibétains nos projets de fuite, ils nous affirmèrent avoir tenté de s'échapper en vain de nombreuses fois et qu'il n'y avait pas d'autre route ouverte. Je demandais aide et protection aux Trois Joyaux, les priais de me guider dans ma fuite.
D'autres tibétains essayèrent de me dissuader car ils étaient persuadés que les Chinois nous tueraient comme les autres. J'étais convaincu que fuir était la seule chose à faire et que les Trois Joyaux nous protégeraient.
Notre
entreprise paraissait impossible. D'un côté de la route il y avait des falaises
abruptes, de l'autre le fleuve Tsangpo. Aussi les Chinois avaient-ils cette voie
totalement sous contrôle. Nous avons attendu dans l'obscurité afin de ne pas
être vus. Les Chinois avaient des projecteurs et nous étions si près d'eux que
nous pouvions voir la lueur de leurs cigarettes. Bien que nos corps tremblaient
de peur, nous avons simplement prié les Trois Joyaux et avons continué
d'avancer. Il nous a fallu deux heures pour passer à travers les lignes
chinoises et c'est grâce à la bénédiction des Trois Joyaux qu'ils ne nous
attrapèrent pas.
Les tibétains qui m'accompagnaient étaient transportés de joie et de gratitude à cause de ce miracle. En chemin vers l'Inde, nous n'avons vu personne pendant trois semaines. Ce n'est qu'en arrivant près de la frontière indienne que nous avons rencontré quelques rares résistants. L'un d'eux était terriblement malade, plié en deux par la souffrance et il nous demanda de l'aide. Je priais pour lui, lui donnais une bénédiction et peu après, il se remit. Les résistants firent passer un message au poste suivant, disant qu'un grand lama était en route et qu'ils devaient tout faire pour l'aider.
C'est ainsi que toutes les difficultés furent surmontées. (...)»
(...) «J'appris que le Gyalwa Karmapa se
trouvait à ce moment-là à Rumtek. Je m'y rendis donc avec un ami. (...) Le
Gyalwa Karmapa me dit qu'il allait effectuer un voyage en Occident cette
année-là et visiter de nombreux pays, afin de déterminer s'il y avait une
ouverture pour l'enseignement du Bouddha en Occident. Il me dit : " Si la
situation générale de l'Occident est positive, alors il faudra que tu t'y rendes.
Tu ne dois pas protester en insistant constamment sur le fait qu'il faut que tu
restes ici. J'ai informé le ministre bouthanais de l'Intérieur que tu auras
besoin d'un passeport et il a déjà pris les mesures nécessaires. S'il me semble
que le dharma peut se développer en Occident, je verrai lequel de ces deux pays,
l'Amérique ou la France, correspondra le mieux à ton activité. Tu devras alors y
établir un centre du dharma et un monastère. La décision de principe est déjà
prise et tu ne devrais pas protester.
« (...)« Je restais simplement assis et ne dis absolument rien. Je pensais en moi-même : "Que puis-je dire, je ne sais rien." (...). Topga Rinpoché me demanda ce qui était arrivé et je lui rapportai que le Gyalwa Karmapa m'avait dit que je devais aller dans une région appelée Europe. Topga Rinpoché insista : "Vous devez aller en Occident". Je répondis : "Si c'est ainsi, alors je dis non ! Je m'excuserai auprès du Gyalwa Karmapa et je lui dirai que je ne peux pas y aller". Je demandai à Topgala de m'emmener en voiture auprès du Gyalwa Karmapa car je voulais clarifier cela immédiatement avec lui. Il me dit cependant : "Il ne voudra pas changer d'avis. J'ai déjà parlé de cela avec lui, et même le ministre de l'Intérieur a essayé de le faire changer d'avis, mais le Gyalwa Karmapa a insisté pour que vous vous rendiez en Occident. Et si vous allez le voir maintenant et lui demandez de ne pas vous y envoyer, il sera simplement mécontent". Aussi, je ne me rendis pas à nouveau auprès du Gyalwa Karmapa qui, peu après, partit pour l'Occident.
"Après son retour, le Gyalwa Karmapa envoya son intendant personnel pour qu'il me conduise à Rumtek. J'allai directement voir le Gyalwa Karmapa. Il me parla de ses voyages et me dit : "J'ai parcouru l'Amérique et l'Europe et je suis dorénavant certain que le dharma s'y développera. (...)
En ce qui concerne les pratiques, il semble qu'il y aura plus d'activité en Europe. En France, on m'a déjà offert un terrain. C'est là que tu devras aller." Je répliquai : "Pourquoi devrais-je faire cela ? Je ne suis pas capable de faire quoi que ce soit ! Pourquoi est-ce moi qui dois y aller ?" Le Gyalwa Karmapa répondit simplement : "Ne parle pas ainsi. (...)
Toi et moi, nous avons une relation karmique
particulière. Quel que soit le lieu où j'introduise le dharma, tu y vas toujours
en éclaireur. (...)
C'est pourquoi tu dois aller maintenant en Occident. (...) et tu ne peux rien
objecter ; tu dois y aller. En Europe, il faudra que tu donnes des
bénédictions, des initiations et des enseignements du dharma. (...)
Tu
ne dois pas te présenter comme un lama de peu d'importance, non qualifié, comme
si tu étais un moins que rien ! Pour que tu sois totalement confiant, je peux te
parler de ton karma antérieur qui te permet d'accomplir maintenant tout cela. Je
peux te dire qui tu étais dans les existences antérieures. Si tu ne veux pas
l'entendre maintenant, je peux aussi te le dire à un autre moment". Je répondis
que je n'avais certainement pas à le savoir et qu'il ne devait rien me dire.
Le Gyalwa Karmapa continua : "Lorsque tu seras en Europe, tu devras construire un temple, un monastère, un centre de retraite et enseigner le dharma. Tu ne dois pas limiter ton activité à un seul pays, un seul lieu, mais plutôt répandre le dharma partout. Ainsi, beaucoup de gens entreront en contact avec lui et développeront confiance et foi. Tu dois partir bientôt car le temps en est venu et il faut y aller au moment approprié. En Occident, il y a de très fortes émotions et la situation pourrait rapidement changer. Si le dharma n'est pas établi partout, une grande souffrance en résultera, semblable à celle que les êtres expérimentent dans les enfers. Si nous arrivons à introduire le dharma en Occident, nous apporterons aux gens la possibilité de comprendre les émotions, de distinguer entre ce qui est positif et négatif et d'agir dans un sens bénéfique. Cela sera d'un grand bienfait pour le monde et c'est pour cela que je t'envoie en Occident. Il est important d'agir de façon vaste pour le bienfait véritable des êtres; c'est pourquoi il est essentiel que le dharma soit implanté partout.
Il sera très difficile pour le Tibet d'obtenir l'indépendance et même si cela arrivait, nous ne pourrions certainement pas y retourner. Nous resterons ici, en Inde. De plus viendra un moment où des difficultés surgiront pour les tulkous et où ils n'auront plus d'endroit où vivre. Si tu vas maintenant en Occident, tu auras la possibilité d'y établir un lieu approprié de telle sorte que leur activité puisse s'épanouir pour le bienfait des êtres. C'est pourquoi tu dois construire ce monastère.
Au Tibet, le dharma sera rétabli et les gens seront capables de le pratiquer à nouveau, mais à un moindre degré, seulement en travaillant et certainement pas comme par le passé quand les gens pouvaient se consacrer totalement à la pratique. C'est pourquoi, malheureusement, il sera très difficile de stabiliser le dharma au Tibet. Au Bouthan, la situation est stable mais il n'est pas certain que cela demeure ainsi dans le futur. Au Sikkim, tout va très bien pour le moment, mais il n'est pas sûr que le Sikkim garde son indépendance. En ce qui concerne Rumtek, cela ne restera pas comme c'est maintenant. Il est possible que les reliques y soient en grand danger. Je considère possible de les emporter en Occident où la situation est plus stable." (...)
Puis le Gyalwa Karmapa m'invita à m'asseoir et il me bénit. Il mit ses deux mains sur ma tête et récita les prières de la lignée: Tilo, Naro, Marpa, Mila etc. Il récita ces prières trois fois et me dit que, dès ce moment, il m'avait transféré l'entière transmission et la bénédiction complète de la lignée, que j'en devenais par cela même le détenteur. Puis il invoqua les protecteurs du dharma de la lignée, les dakinis et les virahas, leur annonçant qu'il m'avait donné l'entière transmission et les priant de m'apporter protection et assistance. Il répéta cela trois fois également. J'étais tellement bouleversé que je ne pouvais que pleurer. (...) Je pensais : "Je suis un vieil homme et le Gyalwa Karmapa m'a donné tant de responsabilités ! Comment pourrai-je y arriver ?" J'étais sans voix. J'avais du mal à concevoir comment cela serait possible, et donc je ne dis rien de ces réflexions. Cependant le Gyalwa Karmapa savait parfaitement ce que je pensais et il répondit : "Tu vivras plus vieux que moi. Bien que je sois plus jeune que toi, je mourrai avant et tu dois rester pour accomplir ces tâches. Je t'ai conféré toutes les bénédictions, initiations, et transmissions nécessaires ; ainsi tu seras capable d'accomplir tout cela. Après ma présente incarnation, et avant ta mort, il est certain que nous nous rencontrerons à nouveau. Je suis certain que tu ne mourras pas avant. (...) Crois-moi, le temps est venu et tu as le karma approprié ; tu n'auras aucune difficulté. Si tu as un peu confiance en ce qu'est le Gyalwa Karmapa, tu pourras tout accomplir. Crois-moi, je suis le Karmapa ! "
"Tout ce qu'a prédit le Gyalwa Karmapa s'est accompli. Toutes les prophéties du Gyalwa Karmapa se réalisent. Certaines n'ont pas encore été révélées, mais celles-là aussi se réaliseront."
Guendune Rinpoché
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Dharma Réunion KTT - Mise en page par J.C Von-Pine (Seunam Ouangpo) - Janvier 2006
Emplacement réservé aux
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Copyright © 1999 [Seunam Ouangpo 2006]. Tous droits réservés.
Révision :
08 février 2007
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