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Science de l'esprit
Conseil aux Occidentaux
Shamar Rinpoché
Tous
ceux qui ont eu le bonheur d'approcher Sa Sainteté Shamar Rinpoché et d'écouter
ses enseignements ont certainement été frappés par son étonnante capacité à
s'adapter au monde et à la culture de l'Occident. Toutes les fois qu'il l'estime
nécessaire, Shamar Rinpoché n'hésite pas à sortir du cadre traditionnel des
enseignements tibétains pour indiquer aux occidentaux, de façon très claire, ce
qu'il convient de faire ou pas. Sa Sainteté s'appuie pour cela sur des exemples
précis rencontrés dans le monde moderne et nous permet ainsi de mieux voir le
chemin à suivre.
C'est au centre de Kamalashila, en Allemagne, que Shamar Rinpoché donna
l'enseignement qui suit, lors de l'été 86. Bien évidemment, ces conseils alors
destinés aux Allemands sont d'une grande valeur pour tous les Occidentaux.
Quand vous pratiquez, vous recevez de votre instructeur un grand nombre d'enseignements différents que vous ne trouverez écrits dans aucun livre. La signification n'en est pas différente, mais ils sont adaptés aux circonstances individuelles. Supposez, par exemple, qu'il y ait une centaine de personnes faisant toutes la même pratique ; durant celle-ci, elles auront chacune des expériences personnelles, bonnes ou mauvaises, et recevront de leur instructeur des conseils différents en fonction de leurs problèmes particuliers. Étant donné que ces personnes n'auront pas toutes le même problème, le conseil sera différent dans chaque cas. Quelqu'un capable de donner ce type de conseils est ce que nous appelons un instructeur chevronné et un tel maître qualifié est très rare.
La doctrine bouddhiste dit : « II est très difficile d'obtenir une vie humaine, une vie humaine réunissant toutes les conditions pour pratiquer le Dharma ; il est difficile de rencontrer le Dharma authentique et, une fois que vous l'avez trouvé, il est difficile de rencontrer le véritable maître. » Un instructeur aussi compétent est très rare bien que, de nos jours, vous en rencontriez d'excellents.
Cependant, il n'est pas facile, de nos jours, de rencontrer un lama qualifié dans toutes les pratiques de tous les Véhicules.
Ils furent nombreux, mais de nos jours ils sont très, très rares. Supposez que vous vouliez accomplir les pratiques du Sravakayana; nous pouvons vous donner les enseignements et vous dire de faire cette pratique, mais l'enseignement éprouvé, né de l'expérience, cela nous ne pouvons pas vous le transmettre. Nous ne sommes pas qualifiés dans les pratiques du Sravakayana ou du Pratyekabouddhayana ; nos réalisations reposent sur le Bodhisattvayana. Il existe, dans ce yana, de nombreuses pratiques différentes: certains d'entre nous se sont réalisés à travers la pratique des six doctrines de Naropa, certains exclusivement à travers le Mahamoudra, d'autres grâce à la pratique de Chakrasamvara, Kalachakra ou Vajrayogini, d'autres encore à travers le Mahaati ou les pratiques des Sakyapas... Chacun de nous est qualifié pour quelque chose de différent. Nous autres, Kagyupas, sommes particulièrement attachés à transmettre des enseignements éprouvés sur le Mahamoudra ou les six doctrines de Naropa.

Enseignement éprouvé signifie enseignement qui appartient à une lignée qui en a fait l'expérience. Je peux vous donner un exemple. Un jour, Gampopa était en méditation et eut une vision d'un aspect terrifiant de l'enfer. Cela le rendit aveugle ; c'était pendant la journée, ses yeux étaient ouverts, mais il ne pouvait rien voir. Il rampa comme un petit enfant jusqu'à la grotte où se trouvait Milarépa et lui demanda ce qui n'allait pas : « Je dois avoir de très grands obstacles, ma méditation ne semble pas juste. » Milarépa répondit : « II ne t'arrive rien ; la seule chose, c'est que ta ceinture de méditation est trop serrée et que ta concentration est trop tendue, ce n'est ni bien ni mal ; si tu desserres ta ceinture, elle disparaîtra. » Et c'est ce qui advint. Voilà un enseignement basé sur l'expérience : aucun enseignant, qui apprend uniquement des livres, ne peut vous donner ce conseil quand ce genre de problème surgit, parce que ce n'est pas spécifié dans les livres. C'est un problème personnel. Vous ne pouvez pas répertorier tous les problèmes individuels de chaque être vivant dans un livre ; même si celui-ci remplissait la terre entière, il ne pourrait pas tout contenir.
Il est difficile de trouver un instructeur compétent qui puisse donner ce type de conseil très précis à chaque individu. C’est pourquoi je dis toujours aux gens, où que j’aille : « Ne gaspillez aucun moment quand vous voyez Kalou Rinpoché ou Guendune Rinpoché, car ils sont très qualifiés et assez âgés ; le temps est très court pour les rencontrer. Allez et demandez conseils et enseignements, en particulier de Guendune Rinpoché puisqu’il est toujours en Occident et non pas en Inde, aussi vous est-il facile d’aller recevoir ses enseignements. » La raison pour laquelle je dis cela est qu’ils disparaîtront comme le Bouddha a disparu et lorsqu’ils ne seront plus ici, vous aurez gaspillé votre temps.
Par
exemple, prenons un endroit où le Bouddhadharma n’existe pas et où les gens ne
connaissent pas le Dharma. Si dans ce lieu arrive un maître très qualifié,
personne n’y prêtera attention ; mais si un dresseur de singes s’y rend, tout le
monde ira le voir ; ils choisiront le dresseur de singes plutôt que le maître
confirmé. De la même manière, si un instructeur non-qualifié se rend dans cet
endroit, les gens le suivront spontanément alors qu’il leur sera difficile
d’être attentifs à un bon instructeur, du fait de leur karma. Ceci est très
important à savoir.
Je peux vous donner un autre exemple prouvant combien il est difficile de choisir l’instructeur authentique. Quelqu’un, du nom d’Elisabeth, m’a appelé du Danemark. Elle avait des problèmes avec une personne et voulait mon avis. Elle connaissait une dame qui lui avait déclaré se souvenir de ses vies passées et qu’une connexion existait entre elles deux ; cette personne disait aussi qu’elle avait des méthodes particulières pour atteindre l’illumination qu’Elisabeth devait suivre. Elisabeth, par conséquent, décida de suivre la dame en question : ce que cette dame disait être vrai puisqu’elle le disait, la preuve étant qu’elle le disait ! Les gens peuvent croire ce genre de propos aisément. Mais si quelqu’un leur donne un enseignement vivant et méthodique qu’ils devraient réellement suivre, ils trouvent cela terrible et disent : « Ce n’est pas un enseignement qui me convient. » Ils le décident simplement. Quelqu’un qui n’a pas atteint l’Éveil n’a pas l’aptitude à décider par lui-même quel enseignement est juste et lequel est faux. Quand vous allez à une conférence, vous écoutez et décidez : « Ceci est l’enseignement qu’il me faut » ; mais comment pouvez-vous prouver que vous prenez la bonne décision ?
C’est ainsi que des instructeurs tels que Rajneesh peuvent attirer autant de personnes : elles-mêmes l’ont choisi comme leur guide. Tous ces enseignements sont très simples : vous n’avez rien à contrôler, être là simplement ; ils font aussi beaucoup de pratiques sur des divinités et pensent que c’est juste parce qu'intéressant. Mais si vous vous concentrez et réfléchissez vraiment, pourquoi donne-t-il ces enseignements ? Tous les êtres vivants connaissent cela, même les moustiques et les jeunes abeilles ; il est inutile d'initier les gens à cette pratique, ils la connaissent naturellement. Mais ils sont ignorants et stupides quand il s'agit de choisir entre le vrai et le faux, et tant de personnes sont ainsi abusées.
On nous a appris que nous ne devions pas nous critiquer les uns les autres, mais on nous a également appris que nous devions faire remarquer à autrui l'erreur qu'il commet, sinon les gens resteront dans la confusion, ne sachant pas ce qui est juste et ce qui est faux, et c'est mauvais pour tout le monde.
C'est ainsi que le Bouddhadharma a été préservé. Chaque fois qu'un érudit bouddhiste ou un professeur écrit un livre, celui-ci est examiné par un grand nombre d'enseignants du Bouddhisme ; s'il y a une légère erreur ou une différence avec la lignée du Bouddha, ils le signalent et empêchent la parution du livre ; si l'écrivain orthographie mal un mot ou fait une erreur dans la construction de la phrase, il doit alors s'excuser. Du fait de la profondeur du Bouddhisme, en temps normal, quand quelqu'un écrit un livre, bien que ses idées puissent ne pas être fausses, il y a forcément quelques erreurs, simplement parce que toute la terminologie humaine est insuffisante pour tout expliquer ; aussi doit-il corriger son travail encore et encore. Si sa thèse est vraiment erronée, la publication sera arrêtée. Si elle n'est pas fausse, l'ouvrage peut être revu et publié. C'est pourquoi, jusqu'alors, le Bouddhadharma n'a jamais été utilisé de manière abusive.
Dans ce monde, tant de bonnes et de mauvaises choses peuvent arriver. Le Dharma peut changer ici et là facilement.
L'enseignement du Christ a été maintes fois remanié par de nombreux érudits et s'est éparpillé dans plusieurs directions.
L'enseignement hindouiste a toujours changé : autrefois, il existait environ six cents sectes différentes en Inde, et maintenant il y en a plus encore ; c'est tellement libéral. Mais les bouddhistes ne peuvent jamais agir ainsi. C'est pourquoi il est important que l'instructeur prévienne ses étudiants quand l'un d'eux fait une erreur ; n'allez pas penser que le professeur est en train de le critiquer : la seule chose qui lui importe est que les gens ne soient pas fourvoyés.
D'habitude, avant d'enseigner le Dharma authentique, les instructeurs essaient de transmettre aux étudiants l'habileté du discernement, l'habileté à savoir ce qui est vrai et ce qui est faux. Mais ici, en Occident, nous n'avons pas encore les écoles appropriées mettant l'accent sur ce type d'enseignement. Il existe une discipline assez vaste appelée la logique bouddhiste, dans laquelle il est enseigné aux étudiants à être perspicaces, à avoir l'habileté particulière à reconnaître ce qui est faux et ce qui est juste, afin qu'ils puissent discerner si un instructeur enseigne correctement ou non. Mais, ici, c'est difficile car de telles écoles n'existent pas.
Il y a six ou sept ans, nous étions plus libéraux et autorisions que le Bouddhadharma s'étende aux pays occidentaux : n'importe qui était autorisé à y parler du Bouddhadharma parce que le Bouddhisme devait s'y développer. Au moins, ainsi, les gens pouvaient découvrir ce qu'est le Dharma. Nous n'avions pas tous des relations avec les pays, leurs villes et les gens, alors s'il se trouvait quelqu'un qui s'en chargeait, nous le laissions libre de propager le Dharma. Mais maintenant le Dharma est très bien établi presque partout en Occident ; il devient très important d'être plus attentif et de suivre les étapes nécessaires pour enseigner convenablement.
Les gens peuvent facilement croire de drôles de choses : ils disent avoir vu Dieu, ils disent avoir établi une connection avec le Bouddha ou Avalokitésvara ou avec quelqu'un, ou bien ils disent avoir reçu une forme de méditation transcendantale très facile à pratiquer... Beaucoup de gens ici accordent trop facilement foi à de telles affirmations. Vous ne devriez pas ; restez vigilants. Les mots « ils disent que » ne sont pas une preuve valable.

Il y avait, il y a longtemps, une religion qui existait en Inde, enseignant de nombreuses pratiques pour atteindre le soleil : l'illumination et la libération devaient être trouvées au-dessus du soleil ; la libération était comparée à un parapluie à l'envers ; cette religion disait aussi que vous pouviez vous transporter physiquement de ce monde jusqu'au soleil et là être libéré. La preuve en était qu'il existait une émanation de Krishna sous la forme d'un perroquet ; un certain professeur revendiquait une connexion directe avec les perroquets et enseignait que si vous faisiez la pratique de ceux-ci, ils vous donneraient des ailes spéciales avec lesquelles vous pourriez voler jusqu'au soleil, le pénétrer et aller au-delà. La preuve qu'il donnait était sa connexion directe avec les perroquets et personne ne pouvait le contredire. Les imbéciles le croyaient. C'est la même chose maintenant. Il disait que... En ce temps là, les gens ne savaient pas que le soleil était très chaud ; ils pensaient que le soleil était plus petit que la terre et l'adoraient ; et ils croyaient ce professeur hindou lorsqu'il disait qu'il avait des connections avec les perroquets.
De nombreuses personnes en Allemagne et en Amérique ont ce même problème ; les Français beaucoup moins : ils ont tant d'opinions différentes, c'est une aide qui leur permet d'éviter ce type d'erreur. L'esprit allemand ressemble davantage à un interrupteur : une fois pressé, il se fixe sur son idée et en reste là. Que cela soit juste ou faux dépend de sa chance : si c'est juste, alors c'est très bien, si c'est faux, alors c'est très dangereux. Une fois que vous avez décidé que quelque chose est juste, il devient difficile de changer votre point de vue ; votre esprit est si inflexible. Cette attitude, vous devez la changer.
Quand un instructeur tibétain prend la responsabilité de donner l'enseignement authentique à ses étudiants, il n'hésite pas à montrer du doigt leurs erreurs, parce qu'il doit veiller sur eux.
Vous souvenez-vous de Jim Jones ? Il rassembla un grand nombre de personnes en Guyane, leur donna beaucoup d'enseignements, puis, finalement, leur dit que ce corps et ce monde étaient sales et qu'ils devaient tous mourir pour entrer dans le royaume de Dieu, et poussa tous ces gens à prendre du poison. Ceci se passait il y a quatre ou cinq ans. Cet événement a pu se produire à cause de ce même type d'esprit, parce qu'une fois que vous croyez, vous croyez aveuglément ; votre esprit n'a pas de souplesse. Les Allemands en particulier ont un esprit fort, ce qui est bien mais peut être dangereux. Il est donc très important d'avoir plus de souplesse quand il s'agit du Dharma.
Je ne cherche pas à vous insulter. Je vous enseigne, parce que l'ignorance est propre à tous les êtres vivants.
Il est très important d'être libre de tels obstacles, si présents ici comme en Amérique. Si vous recevez un enseignement authentique, vous le mettrez à profit car votre concentration sera aiguisée.

Il existe de nombreuses sadhanas ou pratiques de yidams : Tchenrézi, Manjoushri, Amitabha, etc. Ce sont toutes des pratiques des Tantras. Demtchok, Vajrayogini, etc. le sont aussi mais appartiennent à un tantra différent : ce sont des pratiques de yidams où l'aspect d'intégration du tantra est primordial. Des pratiques de yidams tels que Tchenrézi, Manjoushri et Tara Verte agissent davantage comme nos guides personnels ; dans votre pratique, vous essayez d'obtenir qu'ils soient votre guru ou votre guide, qu'ils vous protègent à travers vos différentes vies jusqu'à ce que vous atteigniez l'illumination. C'est ce que nous appelons une pratique personnelle de yidam.
Demtchok et Vajrayogini sont plus complexes, comportant des mandalas et une large part de rituel. On se visualise soi-même sous la forme de la divinité et on accomplit de nombreuses pratiques dans cet état. Cette pratique comporte deux parties : kyérim, ou pratique de la visualisation, et Dzogrim, son aspect essentiel. La pratique de ce Tantra est soumise à des restrictions, non pas dans le sens où cela serait tellement sacré et sublime, tels des diamants et de l'or qui doivent être gardés dans un coffre-fort; cela signifie que si vous brisez certains préceptes qui vont de pair avec la pratique, vous l'altérez ; mais si vous gardez fermement ces préceptes, la pratique va très vite. C'est pour cette raison qu'elle est gardée sous contrôle.
Nous enseignons ouvertement des sadhanas telles que Dordjé Sempa, Amitabha, Sangyé Menla ou Manjoushri et nous en donnons les initiations que l'on appelle Djenang afin que vous puissiez être protégés par la bénédiction de ces divinités et qu'ainsi réfugiés dans leur bénédiction vous ne soyez pas affectés par les obstacles quand vous pratiquez. C'est pourquoi ces pratiques amènent principalement la bénédiction.
L'idée que la plupart des gens se font du Dharma, c'est que toutes les pratiques
sont les mêmes. Mais vous ne devez pas vous méprendre : ce par quoi vous passez,
à travers la bénédiction et la protection du yidam, est très différent de la
pratique profonde du
Dharma. La sadhana est une pratique spécifique pour obtenir le support de la
bénédiction et de la protection, afin de réussir dans la pratique principale.
Quand il s'agit d'atteindre vraiment l'illumination, vous devez achever le cœur
de la pratique.
Il existe de nombreuses et différentes approches de la pratique essentielle.
Pour prendre un exemple, une méthode concerne la lignée de Dampa Sangyé, Tcheu,
la pratique qui consiste à couper les attachements. Nous l'appelons en réalité
Shi-jé Tcheu, ce qui signifie que c'est une pratique qui clarifie toutes les
impuretés de l'esprit. La pratique de Tcheu comporte des pratiques préliminaires
spécifiques, suivies du corps de la pratique et d'une phase de conclusion : un
programme complet. Comme base, une étude approfondie du Madhyamika est requise.
Vous pensez tous que vous devez, comme les lamas, avoir un gros tambour et une
trompette pour jouer, mais ceux-ci ne sont pas nécessaires. Vous en avez parfois
besoin comme instruments dans le but de tester votre réalisation, auquel cas
vous allez pratiquer dans les cimetières, etc., mais pas tout le temps. Ce sont
des pratiques très, très profondes; vous ne pouvez pas commencer par souffler
dans le fémur et par jouer du damarou; vous devez suivre votre chemin
progressivement : d'abord, étudier certains sujets et finir les pratiques
préliminaires de Tcheu.
Les autres lignées de pratique peuvent se trouver dans les tantras. Si vous commencez par la pratique de Vajrayogini, d'Hévajra ou de Demtchok, vous devez d'abord achever les pratiques préliminaires ; ensuite, les vœux de bodhisattva sont nécessaires comme base; puis vous devez étudier la philosophie de ce tantra, la signification du mandata, sa visualisation, le sens de toutes ses nombreuses divinités, la signification de vous-même visualisant certaines divinités, pourquoi la divinité est dans une certaine forme, pourquoi elle tient tant de symboles différents, pourquoi elle porte certaines choses, pourquoi elle se manifeste dans certaines couleurs. Chaque aspect a un sens, c'est un vaste sujet avec une philosophie complète et pour en avoir une idée, vous devez étudier les commentaires ou le tantra.
Il existe une philosophie propre à chaque tantra. Vous devez étudier l'aspect de la visualisation, ainsi que je l'ai expliqué, mais aussi son absorption, signifiant que vous dissolvez toutes ces choses que vous avez visualisées dans une certaine vacuité. Mais quelle sorte de vacuité ? Ce n'est pas comme un arc-en-ciel qui a disparu, ne laissant rien qu'un ciel vide.
L'absorption
(dzogrim en tibétain) est l'essence de la visualisation de tous les mandalas et
divinités. La visualisation constitue la partie extérieure, qui est plus
artificielle ; mais l'essence réelle est ce que l'on appelle dzogrim. Cette
phase d'absorption se compose de deux parties: la première est le dzogrim de
complexité, la seconde le dzogrim de simplicité. Vous devez étudier et
comprendre les deux aspects. Ensuite, vient l'initiation à ce tantra, la manière
dont vous la recevez, ce que c'est, ses bénéfices, le type de lama requis pour
la donner, les qualités particulières demandées au disciple pour la recevoir, le
nombre de phases différentes qu'elle contient. Puis vous étudiez les préceptes
du tantra, que vous devez garder après l'initiation: les quatorze principaux,
les huit secondaires, les quarante autres et enfin les dix millions d'autres
au-delà de ceux-ci (si vous arrivez à très bien garder les quatorze, huit et
quarante, alors vous pouvez garder spontanément les millions d'autres).
Pourquoi est-ce si compliqué quand cela pourrait être si simple ? C'est comme
ça. Nous ne pouvons pas nous permettre de dire : « Maintenant, nous sommes à une
époque moderne; simplifions. » Il n'y a aucune raison ; c'est ainsi. D'une autre
manière, nous pourrions dire : « Pourquoi sommes-nous dans le samsara? Nous
devrions atteindre l'illumination en une heure. » Pourquoi pas ?
Malheureusement, c'est notre condition. Si vous voulez pratiquez les tantras,
vous devez suivre les différentes étapes de la voie, telles qu'elles sont.
Une fois que vous avez étudié chaque chose entièrement, vous continuez en recevant l'initiation, dont la première étape est l'initiation du vase. Cela ne signifie pas uniquement qu'un vase est posé sur votre tête, mais que vous recevez les vœux du tantra et qu'à partir de ce moment, si vous brisez un précepte, vous prenez un grand risque, que vous brisiez un des quatorze vœux, ou les huit, ou même les quarante. Toutefois, vous apprenez également comment purifier les vœux que vous avez brisés. Je ne fais que vous donner une idée des points essentiels de chaque pratique; si je rentre dans les détails, je peux briser les vœux moi-même. La plupart des initiations données par les lamas le sont afin de vous permettre de recevoir la bénédiction du yidam. Quand vous recevez l'initiation du vase par exemple, un vase béni est posé sur votre tête.
Beaucoup de yogis tantriques se cachaient pour pratiquer.
Tilopa ou Naropa allaient toujours dans un
endroit isolé ou dans la jungle où personne ne venait. Même lorsqu'ils se
trouvaient avec d'autres personnes, ils ne se flattaient pas d'être des
pratiquants yogis ou des individus hautement réalisés. C'est pourquoi la plupart
des gens appelaient Tilopa "le pêcheur".
Lorsqu'il séjournait en ville, les citadins ne savaient pas qu'il était un être hautement éveillé ; il était là en tant que pêcheur attrapant du poisson. Mais Naropa put le reconnaître grâce à la prophétie que lui avait faite Vajrayogini. Tilopa, en réalité, pratiquait le tantra, mais il ne le montrait pas, parce qu'il est parfois préjudiciable de le montrer et que cela peut induire les gens en erreur. Cela arriva plusieurs fois au cours de l'histoire ; des gens déclaraient : « Je suis Hévajra ; je suis Demtchok » et abusaient de toutes les pratiques tantriques. Le vin en est un exemple ; les gens disent : « Je suis un yogi tantrique, aussi je peux boire du vin.» Ils peuvent dire aussi: « Je suis un pratiquant tantrique, je suis une grande divinité, tout ce qui se trouve devant moi est pur » et ils se mettent à manger des cadavres. Il était une fois un prince, Maharudra, qui était un disciple d'un instructeur tantrique. Il apprit chaque chose, mais ensuite abusa des pratiques par ignorance : il allait dans les cimetières et en extrayait les corps humains dont il portait la peau et mangeait la chair ; il allait avec beaucoup de femmes, mangeait et buvait tout ce dont il avait envie (il est quelquefois mentionné dans les enseignements tantriques : « faîtes tout ce qui vous passe par l'esprit ». Du fait de cet abus, après sa mort il devint le grand Rudra, un terrible démon difficile à vaincre pour les yogis, mais dont ils devaient triompher parce qu'il était extrêmement nuisible. Voilà pourquoi un maître du tantra doit d'abord se réaliser à travers la pratique, afin de savoir comment enseigner et à qui. Le simple fait d'apprendre le tantra et de devenir un érudit tantrique ne vous donne pas l'autorisation d'écrire sur ce sujet ou de l'enseigner.
C'est pour cette raison que je suis très inquiet qu'autant de soi-disant livres tantriques aient été traduits dans les langues occidentales. Je suis absolument sûr qu'ils ne sont pas purs.
Premièrement, leur auteur devrait s'être réalisé en les ayant pratiqués, alors il ne commettrait pas d'erreur ; sinon le tantra reste secret. Dans les tantras, le sens de certains mots est tenu caché. Dans les livres tantriques, il est dit par exemple: « vous devez tuer père et mère » ; en fait le mot « père » se réfère à une pratique tantrique, le mot « mère » à une autre et le mot « tuer » à une troisième. Pour garder secret le sens de cette pratique, elle est appelée « tuer père et mère » ; seul un maître éveillé qui en connaît le sens peut l'enseigner à ses disciples. Mais, de nos jours, si vous lisez ces livres et les traduisez, c'est comme si vous disiez à vos lecteurs de tuer leurs parents ! J'ai trop vu de telles traductions, aussi dis-je toujours : « n'accordez pas votre confiance à tous ces livres. » Je n'essaye pas d'insulter les traducteurs et leurs livres ; je suis simplement en train de dire que les gens se méprendront sur ce qu'ils lisent parce qu'ils n'en saisiront pas le sens exact. Certains auteurs ont une autre attitude face à la traduction : « nous ne devrions pas dire telles choses parce que les gens en Occident ne comprendront pas et s'inquiéteront de tels propos ». Alors, ils ne disent pas tout, seulement ce qui est intéressant ou acceptable et, en conséquence, leurs traductions deviennent comme des livres de recettes.
Pourquoi autant de secrets, pourquoi autant de vœux ? Il y a une raison pratique à cela. Ce n'est pas que le tantrisme soit supérieur à tout et, pour cette raison, doive être gardé secret.
Le tantrisme comporte des risques, mais c'est une bonne pratique ; pour certains, elle est excellente, mais pour d'autres non ; c'est pourquoi elle est gardée secrète. Dernièrement, une certaine ouverture s'est produite au Tibet, mais, auparavant, le fait de suspendre la tankha d'un yidam ou son mandala était interdit dans le Vajrayana. Les initiations n'étaient pas transmises, c'est la raison pour laquelle les textes utilisés dans les initiations étaient spécialement écrits pour quelques personnes, ce qui ne convenait pas vraiment quand nous les donnions en public. Si mille personnes reçoivent une initiation, on doit donner à toutes chaque aspect de l'initiation et s'il y en a cinq, nous devons donner la bénédiction quelques cinq milliers de fois. Toutes forment donc une ligne et sont touchées l'une après l'autre par les objets bénis.
Pourquoi les choses furent-elles facilitées ces derniers temps ? Parce que de nombreux maîtres tantriques disaient : « Nous ne donnerons pas le sens maintenant, mais les gens ont foi ; aussi, s'ils considèrent quelque chose avec dévotion, une bonne graine est plantée en eux. » Ainsi le sens profond fut-il gardé alors que la forme extérieure était montrée. C'était ainsi car on avait l'habitude de voir des divinités tantriques et d'y prêter foi. Quand nous accrochons une représentation de Mahakala ou Mahakali piétinant un corps humain ou mangeant un cœur humain, nous ne disons pas : « bizarre, que fait-il ? Il a l'air vraiment dangereux. » Notre seule réaction est : « c'est Mahakala » ou « c'est Bouddha ». Tous les Tibétains ont cette habitude. Quand je suis allé en Indonésie, un jour quelqu'un m'a demandé : « Ne ressentez-vous rien quand vous accrochez des divinités masculines et féminines en union ? » Pour eux, c'est comme un livre sur le sexe, mais nous autres tibétains, nous n’avons pas l’habitude de penser ainsi à propos de ces tankas.
C'est pourquoi cela était autorisé.

Nous étions également libres de dire Hinayana, parce qu'il n'y avait pas de pratiquant du Hinayana pour être blessé par ce terme. Quand nous avons quitté le Tibet, nous pensions qu'il en était de même partout et beaucoup de lamas gardèrent cette habitude, sans réaliser que des Ceylanais, des Thaïlandais, des Birmans, etc. pourraient se sentir insultés quand ils utilisaient le mot Hinayana. Mais ils le dirent si fort que tout le monde se fâcha avec eux. Puis, peu à peu, les lamas comprirent qu'ils ne devaient pas dire Hinayana car cela serait mal interprété. Ils commencèrent à réaliser, grâce à leur expérience, que tout le monde n'était pas tibétain et ne possédait pas la même culture. Mais l'erreur était commise et difficile à effacer. C'est un problème que nous avons tous maintenant, parce que nous fûmes un peu inattentifs en 1959, 1961 et 1963 et l'unification du bouddhisme en a souffert. Les théravadins se mirent à dire que nous les considérions comme un Véhicule inférieur et jugèrent que c'était nous qui suivions une voie moins élevée. Quand on visite la Thaïlande, le guide touristique dit toujours : « le Mahayana s'est établi en Thaïlande, le Hinayana dans les Himalayas et au Tibet. » Les Ceylanais sont toujours fâchés avec les lamas tibétains ; c'est compréhensible. Auparavant, ils ne parlaient pas du Tibet en mauvais termes — ils disaient que le Tibet était un bon pays bouddhiste — mais, de façon irréfléchie, nous les avons rattachés au Petit Véhicule. Ce fut notre erreur. Quand nous allons au Sri-Lanka, les moines nous demandent : « Pourquoi avez-vous dit cela ? » Tout d'abord, je leur fais des excuses, puis je précise : « Nous n'affirmons pas que les bouddhistes en Thaïlande, au Sri-Lanka et en Birmanie sont Hinayana, mais qu'il y a certaines pratiques du Shravakayana, d'autres du Pratyekabouddhayana et d'autres du Bodhisattvayana, celles-ci pouvant se trouver partout ; nous ne disons pas que les bouddhistes dans votre pays se trouvent uniquement dans ce Véhicule inférieur. » J'essaie vraiment de régler ce malentendu, mais mon influence est infime et je ne peux changer les choses à une grande échelle; par conséquent, j'aimerais que d'autres m'appuient dans ce sens, afin de clarifier ce malentendu.
Aussi, n'affichez pas trop d'objets ou de représentations tantriques en public. Ceux qui sont ici ont confiance – même s'ils ne possèdent pas une totale connaissance des tantras — d'ailleurs difficile à maîtriser même par les meilleurs étudiants d'une université bouddhiste. Mais des millions de gens en Europe n'ont aucune idée de ce que cela signifie et peuvent s'en faire une idée erronée. Sur cent personnes, cinq ou dix peut-être penseront : « Comme c'est bien ! » ; le reste pensera : « Comme c'est bizarre ! » J'ai rencontré beaucoup de gens pensant ainsi ; quand ils voient une tankha de Kalachakra, ils pensent : « C'est terrible, c'est fou, qu'est-ce que c'est ? », réaction qui leur vaut un mauvais karma. Ils ne s'en rendent pas compte bien sûr, parce ce qu'ils ne savent pas, mais ils accumulent un très mauvais karma car c'est une représentation sacrée.
Dans la tradition Kagyupa, nous enseignons beaucoup le Mahamoudra. Cette lignée s'est confirmée principalement dans deux formes de pratique : le Mahamoudra et les six yogas de Naropa. Marpa détenait deux lignées : les six yogas de Naropa et le Mahamoudra de Maitripa. Les six yogas de Naropa sont une pure pratique tantrique ; le Mahamoudra peut être atteint de deux façons. On appelle Mahamoudra le véhicule Essentiel ; en approfondissant, on peut trouver un million de yanas dans le bouddhisme, mais tous sont compris dans les trois Véhicules, bien que dans la tradition Nyingmapa ils soient communément regroupés en neuf yanas. Le grand érudit Djamgœun Kongtrul a mentionné que le Mahamoudra est un autre yana, le Véhicule Essentiel, l'essence de tout le bouddhisme, de tout le Dharma. L'illumination du Shravakayana — l'état d'arhat — est une partie du Mahamoudra.
Quand le pratiquant du Pratyekabouddhayana se réalise, sa réalisation est un peu supérieure à celle du yana précédent, mais est aussi une partie du Mahamoudra. Enfin, quand le bodhisattva atteint l'illumination, le Mahamoudra est totalement réalisé. Le Mahamoudra est donc l'essence, le but ultime du Bouddhadharma.
Des deux lignées détenues par les Kagyupas, celle des six yogas de Naropa est très étroitement mêlée aux tantras. Tout d'abord, vous devez achever les quatre préliminaires et, bien sûr, vous devez étudier un peu le Madhyamika et le Yogacarya pour essayer de saisir les idées principales et comprendre pourquoi vous suivez cette pratique. Les études sont nécessaires, mais pas trop, sinon vous y passerez tout votre temps, comme les Guélougpas et les Sakyapas qui étudient pendant plus de vingt ans. Dans ce cas, si vous commencez à étudier quand vous avez vingt ans, vous aurez atteint la quarantaine avant de pratiquer. Ce n'est pas gênant, mais vivrez-vous jusque là ?
Vous devez aussi étudier un peu le Vinaya. Si vous lisez la biographie de Milarépa, vous constaterez qu'il n'a étudié que par l'écoute : Marpa enseignait et il écoutait. En tibétain, le nom de Milarépa est Tenpa Gawa, ce qui signifie « à l'intelligence exceptionnelle », « à l'esprit aiguisé » ; aussi, lorsqu'il entendait quelque chose, se souvenait-il de tout. Si Marpa lui enseignait quelque chose une seule fois, Milarépa pouvait s'en souvenir et tout répéter ; c'est pourquoi Tenpa Gawa signifie « le bonheur par l'écoute ». Il étudia ainsi le Madhyamika et le Yogacarya, fit les quatre préliminaires et Marpa lui donna un peu de discipline supplémentaire en le faisant travailler beaucoup. Il fit de lui un architecte et un constructeur ! Ensuite, Milarépa accomplit la pratique de Vajrayogini et les six yogas de Naropa et, finalement, obtint la réalisation du Mahamoudra.
Le résultat
est le même que dans la lignée du Mahamoudra mais la pratique est aussi
Mahamoudra. Vous pouvez atteindre le Mahamoudra en utilisant les Soûtras ou les
Tantras. C'est une pratique souple, efficace et rapide. Si vous la pratiquez en
utilisant le Tantra, alors Demtchok est généralement votre pratique de yidam,
aussi devez-vous tout apprendre sur Demtchok ainsi que je l'ai expliqué
auparavant ; puis vous accomplissez la sadhana de Demtchok sous sa forme
extérieure. Les pratiques interne et secrète sont plus étroitement rattachées au
Mahamoudra qui comporte deux aspects, le chemin et le fruit. Quelle est la
différence entre le Mahamoudra du chemin et le Mahamoudra du fruit ?
Actuellement, vous ne savez pas très bien. J'ai donné un enseignement d'un mois
sur le Mahamoudra, en Dordogne, mais je n'en ai jamais enseigné l'essence. Les
étudiants qui y assistaient pourraient dire : « Je connais le Mahamoudra, je
peux enseigner le Mahamoudra », mais, en fait, ils n'en connaissent pas tout. Ce
que j'ai enseigné leur permettait une bonne connection avec le Mahamoudra.
Vous faîtes les quatre préliminaires, que vous utilisiez les Soûtras ou les Tantras, même s'ils sont plus particulièrement reliés aux Tantras. Puis vous pratiquez beaucoup Lodjong, l'entraînement de l'esprit d'Atisha, qui vous donnera un très fort Chiné — stabilité et calme de l'esprit — dont vous aurez besoin à la fois pour les Tantras et les Soûtras. Trois bénéfices sont acquis par Lodjong : un Chiné très fort, une purification parfaite — la pratique de l'entraînement de l'esprit a un pouvoir très particulier de destruction du karma — et, troisièmement, Lodjong développe en vous une compassion sans borne. De plus, l'entraînement de l'esprit n'est pas uniquement limité aux sept points les plus connus ; il y en a beaucoup plus, à des niveaux de plus en plus profonds.
Ensuite, vous poursuivez par les vingt-quatre exercices de méditation du Mahamoudra. Après quoi, vous atteignez l'Eveil ! Si vous faîtes la pratique de Tchenrézi et que vous êtes très fortuné, comme Asanga ou Nagarjuna, vous rencontrerez peut-être Tchenrézi, qui vous enseignera, mais vous devez toujours passer par le processus réel de la pratique. Tchenrézi est de loin le meilleur des instructeurs, il ne fera pas la moindre petite erreur en vous guidant ; cependant, vous devez passer par la pratique et ainsi atteindre l'illumination. Lisez l'histoire d'Asanga qui essaya de rencontrer Maitreya ; après neuf ans de pratique, il y réussit et Maitreya alors le guida. Ceux d'entre vous qui ne peuvent faire aucune pratique pour atteindre l'illumination dans cette vie, faites la pratique d'Amitabha ; vous prenez alors naissance dans le royaume pur d'Amitabha — pur dans le sens d'être libéré de tous les problèmes mondains. Là, votre instructeur est le Bouddha Amitabha et tous les disciples, vos compagnons du Dharma, ne sont pas comme ceux que vous avez parfois et qui vous nuisent ; ils sont sans jalousie ni colère, ils sont toujours des bodhisattvas serviables et il n'y a aucun problème de violence. Mais encore devez-vous, là aussi, passer par la pratique ; c'est normal. Des sujets tels que le Madhyamika, le Yogacarya, le Vinaya, le Gyu Lama, etc. sont comme vos yeux, vous avez besoin d'eux partout. Si vous n'avez pas cette base en tête, vous êtes aveugle. Si vous voyez bien, vous irez droit devant et atteindrez votre but ; si vous n'avez pas de très bons yeux, vous pouvez tomber ici et là. Ayant acquis cette connaissance, vous avez une conscience claire pour vous diriger ; aussi ces sujets sont-ils très importants.
A suivre...
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Dharma Réunion KTT - Mise en page par J.C Von-Pine (Seunam Ouangpo) - Janvier 2006
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07 août 2007
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